20090429
Décembre 2009
Dimanche 6 décembre 2009 à 17h, Bayonne, théâtre : Orchestre Bayonne Côte Basque ; De Falla : L’amour sorcier ; Première suite du Tricorne ; Rodrigo : Concerto pour guitare Aranjuez ; Pablo : Paraiso y tres danzas macabras ; Soliste : Marco Socias ; Direction : Philippe Forget
20090416
Critique - Concert du 5 avril 2009 à Saubrigues
PRINTEMPS MUSICAL À SAUBRIGUES
par Marie-Françoise Vieuille,
de L’Avant Scène Opéra
C’est une belle idée de fêter le printemps en associant au cours de trois concerts Mozart, Chopin, Schumann et leurs inspiratrices.
Dans la jolie salle de la Mamisèle (dont le nom évoque discrétion et générosité) des mélomanes ont eu le privilège d’assister à la soirée Chopin-George Sand, donnée le 3 avril 2009, et à la matinée du dimanche 5 avril consacrée au couple Robert-Clara Schumann.
Excellent interprète de Chopin, Patrick Le Junter a révélé, au cours d’un programme généreux, intégrant de nombreuses pages parmi les plus belles du musicien - comme le 2e Scherzo opus 31, La Polonaise opus 40 numéro 2, les 2e et 4e Ballades - l’héroïsme toujours présent sous une nostalgie qui ouvre l’âme la plus rétive.
Virtuose sans ostentation, profond sans abandon hors de propos, Patrick Le Junter sait révéler les incomparables couleurs propres à l’harmonie de Chopin. Sans accabler le jeune comédien associé à ce spectacle, il paraissait bien téméraire de vouloir contrepointer l’enchantement musical par la reproduction à vue des portraits de Chopin et de George Sand nés du pinceau de Delacroix, d’autant que les textes de l’amante de Nohant, choisis parmi sa correspondance et ses romans, ne sont vraiment pas parmi les meilleurs.
Par bonheur, ce déséquilibre entre texte et musique ne se retrouvait pas dans la matinée consacrée au couple Schumann. La relation entre les extraits de la correspondance et les journaux de Robert et de Clara fonctionnait parfaitement.
Si le comédien figurant Schumann nous a paru trop agité au début du spectacle (le jeune Robert, passionné de musique et de littérature, auteur de belles chroniques et bientôt amoureux de l’exquise et géniale enfant qui deviendrait sa femme contre vents et marées, n’était pas encore dépossédé de toute maîtrise physique), son intelligence des pages retenues et son évident plaisir à en révéler le contenu intime et esthétique ont vite suscité l’intérêt des spectateurs.
On ne sait ce qu’il faut louer le plus dans ce spectacle : le choix des œuvres instrumentales, la haute qualité des interprètes, leur implication, la rigueur et la finesse de leur jeu, l’élégance de leur art comme de leur présence et jusqu’à l’harmonieux relais qu’ils assuraient eux-mêmes entre les moments de diction et les pages de Reinecke et de Schumann.
Mettre en place les pupitres sans paraître toucher le sol, glisser d’une Phantasiestücke pour alto et piano, vive et légère, à la merveilleuse gravité de l’Adagio et Allegro, opus 70 du même Schumann pour cor et piano, unir les voix merveilleuses du hautbois, du cor et du piano dans la poésie d’un trio de Reinecke, alterner les jeux également subtils de deux pianistes… tout cela était accompli d’un seul cœur, véritablement musicien.
Grâces soient rendues au concepteur du spectacle Alain Bonte, au comédien David Sanhes, aux cinq remarquables musiciens : Clara Sistach et Françoise Elhuyar (pianistes), Frédéric Sorhaïtz (alto), Pascal Jean (hautbois) et Sylvain Delorme (cor).
Les concerts de ce niveau sont, hélas, trop rares dans les Landes.
Nous nous réjouissons que ceux-ci aient pu être imaginés et réalisés et nous espérons qu’ils auront une suite favorable au cours des saisons à venir.
20090408
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